En ces temps où les questions identitaires sont à la mode (ça frise même l’obsession), mon-kb.fr lance un grand débat sur l’identité locale et pose la question (existentielle) : qu’est-ce qu’un Kremlinois (au fond) ?
Vous avez des idées sur ce qui fait l’essence du Kremlinois ? Des preuves qui certifient que le Kremlinois a des ancêtres gaulois ? Des témoignages qui montrent que le Kremlinois existe ?
N’hésitez pas à nous écrire. Nous publierons vos contributions, pourvu que vous fassiez preuve d’humour et de finesse.
Il y a les anciens Kremlinois et les néo-Kremlinois. Les anciens, par définition, tendent petit à petit à disparaître du paysage. Mais on en croise encore certains (quand on daigne les aborder) qui se souviennent d’un temps où Le Kremlin était un village, où le métro s’arrêtait à Maison Blanche, où le Leclerc n’était encore qu’une fiction et où ils faisaient leurs courses à l’épicerie du coin. Et puis il y a les néo-Kremlinois qui ignorent le vieux Kremlin, qui ont pour horizon le futur centre commercial et qui roulent en Vélib’.
Ainsi, nous avons au moins deux types de Kremlinois, le Kremlinois vu de Paris, et celui vu de la province. Pour le Parisien, le Kremlinois est membre d’un groupe que l’on pourrait dire ethnique et qu’il classe dans la catégorie “habitant de la banlieue”, sous-catégorie “de la petite couronne”. Il y a quelques années, il l’aurait rangé sans hésitation dans une catégorie qui fleurait bon son côté ouvrier, “banlieusard”. Mais l’évolution des mœurs du Kremlinois, qui a perdu au cours des ans et des déménagements l’usage du marteau et de la truelle, couplée avec la préoccupation contemporaine pour des termes plus consensuels, a conduit à abandonner cette appellation pour une autre qui paraît être à tout le monde plus génétiquement correcte.
Le Kremlinois n’a pas le même aspect selon qu’il est vu de Paris ou bien de la province. Vu de Paris – d’outre-Périphérique, comme on dit d’outre-Atlantique –, le Kremlinois porte un stigmate indélébile : il n’est pas un Parisien. Or, ce qui est étrange, et qui ne manque pas d’intriguer les esprits les plus incrédules, c’est que ce même Kremlinois, oui, nous avons bien dit le même – à moins que ce ne soit son frère jumeau – lorsqu’il est vu de la province, de Guéret, par exemple, ressemble à s’y méprendre à un Parisien.
Le Kremlinois est un habitant du Kremlin-Bicêtre (petit Larousse). Il existe plusieurs espèces de Kremlinois. Le Kremlinois se définit en premier lieu par son territoire. Il y a le Kremlinois du bas et le Kremlinois du haut de Bicêtre. Celui du bas, ceux du haut le disent plutôt bobo. Celui du haut, ceux d’en bas, ils ne le voient pas, mais quand ils le voient, c’est pour dire qu’il n’est pas du bas. Et quand un Kremlinois du bas rencontre un Kremlinois du haut, en général en terrain neutre, on vous raconte pas l’histoire…